Typographie : les 10 erreurs que vous ne ferez plus !

Souvent négligées et méconnues, les règles de typographie ne sont pourtant pas accessoires : elles assurent la cohérence visuelle d’un texte, facilitent sa lecture et reflètent l’importance que vous accordez à la qualité de votre contenu. Connaître les règles typographiques de base est essentiel si vous tenez un blog ou envisagez de devenir rédacteur web. Voici un top 10 des erreurs de typographie que je rencontre le plus souvent, quand je corrige les textes de mes clients, navigue sur des blogs ou consulte mes e-mails !

10 erreurs de typographie récurrentes sur le web

Parce que l’on apprend facilement de ses erreurs (et de celles des autres), je préfère lister les fautes les plus fréquentes et les corriger, plutôt que faire une liste plus exhaustive des règles à mémoriser. Le but ici n’est pas de devenir un pro de la typo, mais simplement d’éliminer les erreurs basiques, qui n’échapperont pas à vos lecteurs attentifs, ni à vos clients les plus exigeants !

1. Coller les points d’interrogation et d’exclamation à la fin des mots

C’est une faute typique et omniprésente sur le web! Voici le parfait exemple à ne pas suivre. Contrairement à l’anglais qui colle les points à la fin des phrases, le français exige de mettre une espace avant et après un point d’interrogation ou d’exclamation. Il en va de même pour les deux-points et le point-virgule. Seuls le point, la virgule et les points de suspension se collent au mot qui les précède.

2. Oublier d’accentuer les majuscules

C’est peut-être un détail pour vous mais le français y tient beaucoup : les lettres initiales et les mots en capitales conservent leurs accents. À noter que l’accentuation des majuscules n’est pas facultative : en français, l’accent a pleine valeur orthographique. Dans certains concours d’entrée et tests de sélection, l’oubli d’un accent, y compris sur une majuscule, compte comme une faute d’orthographe.

3. Abréger Monsieur en Mr

En français, Monsieur n’a qu’une seule abréviation possible : « M. », et non « Mr », qui lui est l’abréviation de « Mister », en anglais. Attention également à ne pas oublier le point abréviatif. Au pluriel, on écrira « MM. » Si vous vous adressez à la personne, par exemple dans une lettre, il convient d’écrire son titre en entier : « Je vous prie d’agréer, monsieur le maire, l’expression… » Les autres titres de personne s’abrègent en Mme/Mmes et Mlle/Mlles.

4. Ne pas mettre d’espace avant le symbole €

L’affichage des prix respecte rarement cette règle, pourtant, en bonne typographie, valeur et devise sont séparées par une espace. On écrit 10,50 € et non 10,50€. En toutes lettres, euro s’écrit sans majuscule initiale et s’accorde au pluriel : un euro, dix euros. Et parce que les soldes approchent, retenons que le symbole % est lui aussi entouré de deux espaces. On parlera donc d’une réduction de 40 % et non de 40%.

5. Employer indifféremment sud et Sud

Le soleil se lève à l’est, Cannes se situe au sud de Nice et une boussole indique toujours le nord. En revanche, vous passez toutes vos vacances dans le Sud ! Comment faire la différence ? Les points cardinaux s’écrivent en minuscules, tandis que la majuscule est de rigueur si le mot est employé seul et désigne une région (« les Ch’tis habitent dans le Nord ») ou s’il sert à préciser une unité géographique bien définie (« l’Afrique du Sud »).

6. Ne pas faire de distinction entre français et Français

Autres cas où l’usage de la majuscule est souvent malmené. N’écrivez pas que vous parlez Anglais, mais anglais. Les noms de langues ne prennent pas de majuscule. Lorsqu’il renvoie à la nationalité et qu’il est employé comme adjectif, le mot s’écrit également en minuscules : « le flegme anglais ». Il prend à l’inverse une majuscule quand il est employé seul en tant que nom : « les Anglais ».

7. Faire suivre etc. de points de suspension

La locution etc. est l’abréviation du latin et cetera signifiant « et d’autres », « et le reste ». Elle est suivie d’un point abréviatif, qui en fin de phrase se confond avec le point final (mais qui doit être conservé à l’intérieur d’une phrase ou avant tout autre signe de ponctuation). L’emploi des points de suspension après etc. est quant à lui fautif et pléonastique. À la fin d’une énumération, etc. et points de suspension ont la même signification : ils peuvent s’employer indifféremment, mais jamais conjointement.

8. Écrire 1ère, 2ème, 3ème

Ou pire : 1ière, 2ième, 3ième ! Les adjectifs ordinaux (premier/première, deuxième, troisième…) s’abrègent en : 1er/1re, 2e, 3e… Après un nombre en chiffres romains, on conserve l’emploi du e minuscule. Ainsi on écrira XXIe siècle et non XXIème siècle. Second et seconde s’abrègent respectivement en 2d et 2de. Chacun de ces exemples peut prendre la marque du pluriel : 1ers, 1res, 2es, 2ds, 2des, etc. À noter que si les lettres surélevées sont à privilégier, 1er, 2e, 3e, etc. restent admis, a fortiori sur le web.

9. Terminer vos titres par un point ou deux points

Quelle que soit leur hiérarchie (h1, h2, h3…), vos titres et intertitres n’ont pas besoin de point (ce ne sont pas des phrases), ni des deux-points (un titre annonce forcément le contenu qui va suivre). En revanche, le point d’interrogation, le point d’exclamation, voire les points de suspension peuvent tout à fait être utilisés, à condition de ne pas en abuser. Les deux-points sont également très utiles à l’intérieur d’un titre, pour le rendre plus explicite, plus « punchy », mais aussi plus efficace au regard du SEO.

10. Commencer un nom commun par une majuscule

Attention à ne pas mettre des majuscules un peu partout, comme c’est le cas sur certains blogs et sites web. Pour rappel, les noms des jours de la semaine sont des noms communs et ne prennent donc pas de majuscule. Il en va de même pour les mois : janvier, février, mars…

Pour aller plus loin : quelques ressources utiles en typographie

En repérant ces 10 erreurs typographiques très fréquentes sur le web, nous avons abordé 10 règles fondamentales qui vous seront utiles au quotidien, quel que soit le support pour lequel vous écrivez.

Si vous rédigez de manière professionnelle, vous aurez besoin d’un guide complet auquel vous reporter au moindre doute. Il vous aidera également à appliquer des règles de typographie plus techniques et spécifiques, difficiles à mémoriser. À cet effet, Le lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale fait office de référence.

Le Ramat de la typographie est un autre incontournable en la matière. Rédigé par un auteur franco-canadien, il inclut les particularismes canadiens, belges, suisses… Il est également disponible en version numérique.

Sur le web, je vous recommande le site du Projet Voltaire, qui aborde quelques points de typographie, celui de la Banque de dépannage linguistique ou encore du Cordial, rubrique Typographie.

Enfin, si vous êtes un rédacteur en herbe et envisagez de vous inscrire sur les plateformes de rédaction web, accordez beaucoup de soin à la typographie de votre texte d’évaluation. Une erreur qui pourrait sembler superflue (un point d’interrogation collé à la fin d’une phrase, une abréviation incorrecte, une virgule mal placée…) vous empêchera d’atteindre le niveau maximal. C’est en soignant les détails que vous réussirez à vous démarquer !

Cet article a 2 commentaires

  1. Patricia

    Je garde précieusement cet article car je constate mes lacunes avec les points 3 et 6 !

    1. Aurélie

      Comme pour l’orthographe, l’essentiel est de savoir repérer les difficultés, puis de prendre la peine de vérifier 😉

      Grâce à votre commentaire, je me suis rendu compte que j’avais oublié de numéroter chaque point. C’est pourtant plus judicieux quand on propose un article liste, du type « les 10 erreurs… ». Merci !

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