12 conseils pour mieux rédiger vos articles de blog

Pas de recette miracle, ni de talent inné : bien écrire demande avant tout du temps et de l’entraînement. Néanmoins, apprendre à rédiger, c’est aussi s’astreindre à une certaine discipline et utiliser avec rigueur les bons outils. Quelques astuces simples vous permettront de progresser plus rapidement, de gagner en qualité et en fluidité, jusqu’à développer votre propre style.

Apprendre à écrire : les bonnes pratiques

Faites simple

Premier objectif : se faire comprendre. Pour éviter les doutes et les erreurs d’interprétation, privilégiez la simplicité. Écrivez des phrases courtes, qui loin d’appauvrir votre propos vous permettront d’aller à l’essentiel, sans perdre le lecteur dans des tournures compliquées. Ne soyez pas dans la démonstration : bien écrire, ce n’est pas forcément montrer que l’on sait faire de longues et belles phrases. Même parfaitement construites, les phrases à rallonge sont rarement efficaces. Elles diluent l’information et rendent la lecture plus difficile, moins immédiate.

Pour aller droit au but, privilégiez également la voix active, qui en français fonctionne souvent mieux que la voix passive. Exemple : « L’orange a été volée par Paul » (voie passive) est moins efficace que « Paul a volé l’orange ».

Choisissez des termes précis

On peut faire simple tout en étant précis. La langue française est suffisamment riche pour nous permettre de trouver le mot juste, celui qui exprime avec précision l’idée que l’on souhaite formuler. C’est notamment le cas des verbes, capables de décrire une même action dans des nuances différentes. Choisir des verbes précis permet d’ailleurs de faire la chasse aux adverbes, dont l’utilisation abusive est souvent décriée. « La foule sortit très rapidement dans la rue » peut être remplacé par « La foule se précipita dans la rue ».

N’oubliez pas la ponctuation

Loin d’être un détail, la ponctuation a un vrai rôle à jouer, aussi bien dans la structure d’une phrase que dans sa signification. Le célèbre exemple « On mange, les enfants » vs « On mange les enfants » illustre bien la grande nuance qu’une petite virgule peut apporter au sens d’une phrase… ! Les virgules sont importantes et ne doivent pas être placées n’importe où, ni entre un sujet et un verbe (« Paul et Lucie, se sont rencontrés l’été dernier ») ni avant un complément (« Il a fait de sa vie, un rêve »). Ce sont des erreurs fréquentes, qui traduisent une négligence des règles de ponctuation au profit du langage parlé.

La ponctuation est également là pour dynamiser votre discours, le rendre plus vif et percutant. C’est un outil précieux pour écrire des phrases courtes tout en créant du lien et du sens entre vos idées. Le recours aux deux-points est souvent bien pratique : il permet d’apporter une preuve, une précision, sans alourdir votre phrase ni casser le rythme de votre propos. À noter que les points d’exclamation sont à utiliser avec parcimonie, même dans un texte au ton léger et chaleureux. Employés avec excès, ils risqueraient de donner à votre discours un petit côté… hystérique ! Et lui faire perdre en crédibilité.

Ni la typographie

Plus malmenée encore que la ponctuation : la typographie ! Les règles typographiques encadrent le bon usage des majuscules, des signes de ponctuation, des espaces… Ces normes définissent une mise en page standard et assurent la lisibilité d’un texte, la cohérence visuelle d’un document. Faut-il accentuer les majuscules ? Doit-on mettre une espace entre un chiffre et le symbole € ? Dans quels cas écrit-on les nombres en toutes lettres ? Autant de détails qui n’en sont pas car ils révèlent l’attention que vous portez à la rédaction de votre texte. (On en profite ici pour noter que le mot « espace » est féminin en typographie !)

Inutile cependant d’apprendre par cœur le Lexique des règles typographiques (le livre de référence des rédacteurs et correcteurs). Si vous n’êtes pas un professionnel de la rédaction ou de l’édition, les règles de base suffiront. Certains codes sont incontournables et se retiennent facilement. Il suffit ensuite de les appliquer de manière cohérente et régulière. Si vous rédigez dans un cadre professionnel, posez-vous les bonnes questions et reportez-vous au lexique dès le moindre doute.

Imposez votre rythme

Si vous adoptez les réflexes précédents (des phrases courtes, des mots simples mais précis, une ponctuation marquée), votre texte gagnera en rythme et en fluidité. Idéalement, le lecteur doit lire chacune de vos phrases comme vous l’avez écrite et pensée. Il ne doit pas buter sur le sens d’une expression, la tournure d’une phrase, l’abréviation d’un mot… Tirez également parti de la ponctuation pour interpeller le lecteur et capter son attention : questions rhétoriques, adresses directes, etc. En imposant votre rythme, vous augmentez vos chances d’être lu (jusqu’au bout) et compris !

Ne soyez pas bavard

Ce que j’appelle une « écriture bavarde », c’est une écriture qui se perd dans des détails ou des redites inutiles, des phrases sans fin, des tournures alambiquées… Ce sont aussi toutes les formes de « remplissage » où l’on essaie d’étirer le propos, pour convaincre le lecteur ou bien atteindre le bon nombre de mots ! Ne vous dispersez pas, évitez les répétitions, les idées confuses et les démonstrations de style inutiles.

Mais soyez concret

Illustrez votre propos par des exemples, des chiffres, des citations, des témoignages… Ces éléments concrets viendront appuyer votre discours et valoriser votre expertise. Ils vous permettront de dépasser le simple constat, de ne pas vous contenter d’une analyse en surface. Partagez des études, des outils, des cas pratiques : donnez à votre lecteur toutes les ressources dont il a besoin. À l’inverse, évitez les vérités générales, les sources floues, les poncifs et les lieux communs : « De tout temps… », « Il semble évident que… », « Selon une étude… ».

Pour toucher le lecteur, vous devez également inscrire votre discours dans la réalité, dans sa réalité. Faites des parallèles avec des situations concrètes du quotidien, bien connues de votre lectorat. Mettez-vous à sa place et choisissez des exemples qui lui seront familiers.

Citez vos sources

Autre bonne habitude à prendre, qui découle de la précédente : citez vos sources. Dès que vous avancez un chiffre ou une statistique, précisez l’étude source. Dès que vous rapportez des propos ou citez un article, mentionnez l’auteur. Mieux encore : si vous écrivez sur le web, ajoutez un lien hypertexte renvoyant directement aux données d’origine. C’est d’abord une obligation vis-à-vis des auteurs cités, mais c’est aussi une garantie que vous devez à vos lecteurs, un gage de sérieux et de fiabilité. Pour que les exemples avancés servent votre analyse, ils doivent être faciles à vérifier. Vos références et vos sources doivent être précises. Vous gagnerez ainsi en crédibilité.

Structurez votre texte

Que vous écriviez une critique de film, une recette de cuisine ou un récit de voyage, pensez à structurer votre texte de manière à en faciliter la lecture et la compréhension. Aérez, découpez, organisez ! Dans l’idéal, vos paragraphes doivent compter 5 à 7 lignes. Ce n’est pas une règle absolue mais je trouve qu’au-delà on obtient vite une impression de blocs trop compacts. Dans cet article par exemple, la majorité des paragraphes font entre 6 et 7 lignes. C’est selon moi la limite à ne pas dépasser. Mais comme pour tout, vous rencontrerez des exceptions : à vous d’adapter cette longueur en fonction du texte que vous écrivez, du sujet que vous traitez.

Je fais ici une petite parenthèse sur la structure d’un article web SEO, c’est-à-dire rédigé dans le but d’optimiser son référencement par les moteurs de recherche. Pour faciliter la lecture de votre texte par ces petits robots, il vous faudra respecter une structure précise, hiérarchiser vos titres grâce à des balises html, introduire des mots-clés aux bons endroits… Je vous explique comment rédiger des articles optimisés SEO ici. La structure de base peut servir à écrire n’importe quel article, qu’il soit SEO ou non : titre principal de l’article, introduction de quelques lignes, paragraphes introduits par des sous-titres, conclusion de quelques lignes.

Et votre pensée

Un paragraphe court n’a pas qu’un intérêt visuel : il vous aidera à organiser votre pensée. Essayez de développer une seule idée par paragraphe. Ne partez pas dans tous les sens, gardez le même cap, la même direction. Dès que votre idée est exprimée et enrichie d’exemples concrets, passez à la suivante en sautant une ligne ! Votre pensée paraîtra claire et ordonnée ; le lecteur n’aura aucun mal à suivre votre raisonnement.

Répondez à la question posée

Le titre et l’introduction de votre article sont porteurs d’une promesse. Vous vous engagez auprès du lecteur : mon article va parler de tel sujet et je vais vous apprendre à faire telle ou telle chose… Ne perdez pas de vue cette promesse initiale. Chaque partie de votre texte devra répondre à la question soulevée. C’est un défaut que l’on rencontre très souvent : le titre d’un article laisse espérer des réponses précises, et finalement son contenu ne fait qu’évoquer le sujet annoncé, multipliant les détours et les digressions.

Exemple de saison. Un article intitulé « Comment bien régler votre chauffage au gaz ? » doit donner des explications sur le réglage d’une chaudière, l’utilisation d’un thermostat, la température adaptée à chaque pièce d’un logement… mais ne doit pas détailler tous les avantages du chauffage au gaz comparé au chauffage électrique (sujet traitant certes de la même thématique, et tout aussi passionnant, mais devant faire l’objet d’un autre article) !

Relisez !

Ça sonne comme une évidence, pourtant cette dernière étape semble encore trop souvent négligée… Une relecture attentive vous permettra d’éliminer la quasi-totalité des fautes d’orthographe, coquilles, maladresses de style, répétitions… Sans vous mettre à douter de tout, posez-vous les bonnes questions et effectuez les vérifications nécessaires. Prenez le temps de peaufiner votre texte, reformuler les tournures trop complexes, supprimer les phrases creuses et les adverbes inutiles…

Un prof de fac m’avait conseillé de terminer par une relecture « à l’envers ». Relisez chaque phrase ou paragraphe en commençant par la fin de votre texte ! C’est au départ un peu fastidieux mais cette technique permet de se détacher du sens et ne pas se laisser emporter par le rythme des phrases. Certaines erreurs sautent alors aux yeux ! Relire son texte à haute voix est aussi une bonne idée, pour débusquer les maladresses et les répétitions.

 

Conseils pour mieux rédiger : cas pratique

Pour conclure cet article, je vous propose un exemple concret, tiré d’une ligne éditoriale rédigée à l’intention d’un client. Le contenu de son site était déjà de très bonne qualité : des sujets pertinents et bien traités, des formats variés, un ton efficace, très peu de fautes de français… Néanmoins, en tant qu’expert du recrutement, ce cabinet de conseil avait tendance à employer un ton un peu trop froid, trop professoral, et cherchait à redéfinir les partis pris éditoriaux de son magazine en ligne.

Cet exemple illustre bien l’intérêt des phrases courtes et le rôle de la ponctuation. La phrase initiale s’étendait sur plus de quatre lignes et multipliait les données. En plus de noyer les différentes informations, elle risquait de faire fuir le lecteur (il s’agissait de la première phrase de l’article !).

Extrait d'une ligne éditoriale
ÉLOGE DE LA PHRASE COURTE : LES DO ET LES DON’T

 

Le meilleur moyen pour progresser et apprendre à bien rédiger est encore d’écrire ! Exercez-vous. Lisez, aussi. Des textes bien écrits qui pourront vous servir d’exemples, mais également des textes de moins bonne qualité, qui vous apparaîtront alors comme la parfaite démonstration des choses à ne pas faire !

 

Cet article a 2 commentaires

  1. Nathalie

    Bravo pour toutes ces ressources de qualité, cela m’est très utile. MERCI

    1. Aurélie

      Merci Nathalie ! Je suis contente que ces quelques conseils puissent profiter à d’autres. Je devrais peut-être reprendre ce blog que j’ai dû délaisser à regret, faute de temps 😉

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